Accueil » Informations techniques et expérimentations » Abeilles et chaleur » Canicules : Les bons réflexes à adopter sur vos ruchers
Selon de récentes études thermiques, en plein été 70% de l’énergie solaire reçue par la ruche passe par le toit. Un toit posé directement au-dessus de la tête des cadres, la température monte à plus de 50 °C. Ajouter un élément (nourrisseur ou couvre cadre ou isobulle) fait baisser la température de 7 à 8 °C. L’ajout d’un deuxième élément permet de faire diminuer encore de 3 à 5 °C. Pour ceux qui ne veulent pas essayer la peinture blanche, c’est la présence d’un nourrisseur bois et couvre cadre qui assure la meilleure isolation du toit en été. Sur la période la plus chaude de la journée entre midi et 16h, la température dans les hausses est de 36,2 °C pour les ruches non-peintes et 34,3 °C pour les ruches peintes, soit un écart de 1,9°C. (Source : bulletin technique 2025, ADA Occitanie, Gaétan Thierry, Isolation de la ruche : bilan des travaux de l’ADA Occitanie en 2024).
Des ruches plus fraiches grâce à la peinture blanche
À l’été 2023, une première expérience participative a comparé des techniques et astuces de protection contre la chaleur sur un même rucher :
Modalité M4 (toit bois tôlé blanc vs toit bois tôlé) : On observe une diminution moyenne de 5,5 °C au bénéfice du toit peint en blanc.
Modalité M2 (toit tôle nu vs toit tôle isolé par une membrane de carton de 26 mm en surface) : On note une diminution moyenne de 7,5 °C dans le nourrisseur, et des extremums diminués en moyenne de 2 °C sur le cadre de rive côté soleil couchant.
Modalités M1 (toit tôle nu aéré en sous-face) et M3 (ajout de Phaltex ou d’Isobulle sous toit blanc) : Elles ne semblent pas montrer de différences significatives.
Pendant la saison 2024-2025, une seconde expérience a évalué l’impact de la modalité retenue (M4, toits peints en blanc) sur la production de miel. Dans les hausses : Les données montrent une différence maximale de températures moyennes de 8 °C en faveur des toits peints en blanc (un maximum de 55 °C ayant été atteint sous un toit non peint). Sur la production de miel : Il semble ne pas y avoir de différence significative, mais on note une tendance à une répartition différente : les ruches à toits peints en blanc semblent stocker davantage de miel en hausse que les ruches à toits non peints. (Source : Réussir Apiculture N°12, Pierre-Alban Mochet, Adapi).
Des ruches plus fraiches grâce à la peinture blanchePour aller plus loin, quelques vidéos :
Choix des matériaux : quelles conséquences pour la température dans les ruches ?
Caractéristique thermique des ruches
Astuce d’apiculteurs :

Plusieurs astuce d’apiculteurs permettent d’aider les abeilles à réguler la température dans la ruche :
Effet de la température sur la consommation d’eau
À l’échelle de la colonie, la température ambiante n’a pas affecté la quantité d’eau consommée quotidiennement par les abeilles adultes (542 ± 103 mL). Elle n’a également pas affecté la quantité quotidienne utilisée pour la production de la gelée larvaire (51 ± 11 mL). Cependant, au-delà de 32,5°C, la quantité d’eau quotidienne utilisée pour la thermorégulation a fortement augmenté. Entre 32,5 et 37,5 °C, la quantité d’eau utilisée pour la thermorégulation a été multipliée par huit, passant de 66 ± 35 mL à 530 ± 82 mL. À 32 °C, les abeilles consommaient environ 80 % de l’eau collectée par la colonie en 24 heures, tandis que 10 % étaient utilisés pour la production de gelée larvaire et 10 % supplémentaires pour la thermorégulation du couvain. Au-delà de 32,5°C, la quantité d’eau utilisée pour la thermorégulation augmentait fortement avec la température tandis que la quantité d’eau utilisée pour les deux autres rôles ne variait plus (Figure 3). En revanche, au-dessus de 37 °C, la quantité d’eau utilisée pour la thermorégulation n’augmentait plus autant, voire tendait à se stabiliser.
Dynamique de l'eau dans les colonies et chaleur
La température influence l’attractivité du point d’eau
La température pourrait aussi jouer un rôle dans le choix des sources d’eau. Des essais réalisés au printemps avec de l’eau mise à disposition entre 10 et 43 °C, ont montré que plus l’eau était chaude, plus le point d’eau était visité par les abeilles (Louveaux, 1958). Néanmoins, d’autres chercheurs préconisent une eau à une température comprise entre 21 et 27 °C (Johansson et al., 1978). Il est donc préférable de positionner le point d’eau au soleil si l’on souhaite que les abeilles s’y rendent préférentiellement alors que d’autres sources d’eau sont accessibles. Cependant, si le but n’est pas que l’eau mise à disposition soit plus attractive mais simplement s’assurer de l’approvisionnement, la localisation à l’ombre a l’avantage de limiter l’évaporation.
Des études ont montré que 95 % des butineuses collectent l’eau dans les 500 mètres autour de leur ruche et, lorsque des abreuvoirs sont disposés dans le rucher, près de 80 % des butineuses d’eau s’approvisionnent dans ceux-ci (Gary et al., 1979). Ce sont les réserves de sucre de son intestin moyen et de son hémolymphe qui lui fournissent l’énergie nécessaire pour son vol retour (Visscher et al., 1996). Aussi la distance de vol d’une butineuse d’eau est forcément réduite par rapport à celle des butineuses de nectar.
Environ 1 % de la population d’une colonie (Seeley, 1995) et collectent dans leur jabot 30 à 58 μl d’eau par trajet. Ces abeilles, qui se spécialisent dans cette tâche, se distinguent des autres butineuses par une physiologie particulière leur permettant notamment de voler à des températures bien plus basses que les butineuses de nectar. Heureusement, d’autres butineuses peuvent également être recrutées pour rapidement répondre à la demande de la colonie.
Gérer l'eau disponible pour vos abeilles
Abreuver ses abeilles
Une eau riche en oligoéléments et attractive pour les abeilles José Artus ajoute dans la réserve d’eau, pour 100 litres, 100 grammes de sel de l’Himalaya préalablement moulu afin d’amener une source de sel et d’oligoéléments indispensables pour les abeilles, ainsi que 1,5 litre de vinaigre de cidre de pomme. Pour le rendre attractif, il ajoute au moment de l’installation de l’abreuvoir, ou en début de saison, de l’anis moulu dans l’eau. Une fois que les abeilles ont repéré la source d’eau, il n’est plus nécessaire d’en ajouter. Selon son témoignage, ce système fonctionne très bien. (Source : Élodie Rumiano et Adèle Bizieux, ADA AURA, Bulletin technique 2023, Protéger ses abeilles face à la chaleur).
Protéger ses abeilles face à la chaleur